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Comment le Black Friday entretient la confusion du consommateur sur ce qui est bon pour lui, pour la société et pour la planète

Comment le Black Friday entretient la confusion du consommateur sur ce qui est bon pour lui, pour la société et pour la planète

Mercredi 27 novembre.

La plupart des enseignes se préparent au Black Friday d'après-demain : on fait un inventaire des produits à brader (même s’ils sont affichés plein prix au moment où j’écris). On ressort les vieilleries dont on se dit qu’elles trouveront toujours preneurs. On prépare les «-70% » alléchants à coller sur les vitrines. On envoie des newsletters à tout va. Tout est prêt pour ce tsunami consumériste qui dure, non pas uniquement la journée de vendredi comme son nom l’indique, mais jusqu’au Cyber Monday du lundi qui suit.

Le Black Friday pour les nuls

Le Black Friday, qu’est-ce que c’est? C’est une journée de soldes monstres initiée aux Etats -Unis dans les années 60. Elle a lieu chaque année le lendemain de Thanksgiving, célébration très chère au cœur des américains, qui rappelle l’entraide historique entre ces derniers et les autochtones natifs (« entraide » assez brève puisque les indiens ont été massacrés par les américains au cours de l’histoire…).

Or, ce qui est troublant (à l’image de la réalité historique) c’est de constater la dissonance profonde entre les deux évènements : le jeudi de Thanksgiving est dédié à la convivialité, au partage, au lien à l’autre, à la famille et aux amis. 

Le vendredi de Black Friday, la dinde pas encore digérée, c’est la course ahurissante aux bonnes affaires, avec empoignades physiques et bousculades (qui n’a pas en tête ces vidéos d’hystériques sautant sur des télés en solde dans des magasins ?).

Attention, on n’a rien contre les soldes dans l’absolu, introduites par ce bon vieil Aristide Boucicaut au 19e, qui lança les soldes de janvier sur « le blanc » pour faire revenir sa clientèle au Bon Marché après les fêtes. D’un point de vue marque, c’est également assez logique de céder, à prix réduit, les fins de collections pour laisser place aux suivantes. Sauf que le Black Friday n’a rien à voir avec l’idée première des soldes : en théorie, pas de fin de collection à brader en plein milieu de la saison automne/hiver, si ? D’un point vue économique, la consommation est bonne pour la croissance, donc on devrait se réjouir et encourager cette action, non ?

Pour Obazine, la réponse est non.

Le Black Friday, une question de conscience collective

Ce qui nous gêne dans le Black Friday (si vous n’aviez pas encore vu où on voulait en venir 😉), c’est la sur-consommation qu’il engendre. Il incite le consommateur à assouvir ses ENVIES plutôt qu’à écouter ses BESOINS. Or, des envies, on a tous, tout le temps, et pour tout : envie de chocolat, d’un nouveau téléphone, de ces belles chaussures, d’un appareil à gaufre. Mais ai-je vraiment besoin de manger du chocolat tout en préparant une gaufre, pendue au téléphone en discutant des nouvelles chaussures que j’ai au pied, sous prétexte que tout était soldé?

On laisserait sans problème nos consciences individuelles gérer ce dilemme à leur guise.  Sauf que c’est notre conscience collective qui est scrutée ici :  et oui, on le sait maintenant, notre consommation individuelle impacte la planète, donc le collectif : le cycle allant de la production des biens (textiles, biens électroniques, électro-ménagers etc. ainsi que leurs emballages) jusqu’à leur acheminement au consommateur génère une empreinte carbone – variable – mais très importante. La gestion des déchets que tout cela représente à court/moyen terme est également problématique - et on oublie souvent ce point. Alors, quelle est la vraie facture du Black Friday ?

Croire en une consommation raisonnée

Attention, on ne juge personne. On était ces consommateurs impulsifs nous aussi, il y a peu. Et puis on a créé Obazine, marque de jolies gourdes en inox, le jour où on a compris que nos gestes les plus simples pouvaient impacter la planète. De simple consommatrices passives, on est passées à des consommatrices éveillées, en transition écologique, en quête de plus de sens.

Et ce sens, il est incarné par la façon dont on construit Obazine : notre gamme de gourdes est volontairement limitée à 2 couleurs fortes, à 2 tailles pour les différents besoins qu’on a et à 1 capsule par saison. Rien de plus. Simplicité, authenticité, retour à l’essentiel. Aucun motif loup, ananas ou étoile de mer à l’horizon sur nos gourdes qui inciteraient à des achats compulsifs inutiles. Une gourde, c’est durable et c’est un engagement qu’on prend vis-à-vis de la planète. Il doit donc incarner une consommation raisonnée et on croit profondément que c’est ça, l’avenir du Black Green Friday. Pas de gaspillage non plus : les gourdes qui présentent des défauts mineurs de peinture sont vendues à prix doux, ce qui permet en plus à toutes les bourses de pouvoir faire le pas du green.

Et si on jouait au "Juste Prix"?

Enfin, on pourrait aussi parler de la question du prix juste que pose le Black Friday: si notre marque préférée vend cette robe à 75% de réduction vendredi, qu’on avait déjà vu cette même robe à 50% lors des ventes privés d’octobre : quelle est la valeur de cette jolie robe ? Celle que je suis prête à payer ou celle que le service marketing a décidé que je paierai, indépendamment de son prix de revient ?

Ce qu'on en pense

Au final, le Black Friday entretient la confusion du consommateur sur ce qui est raisonné et juste. Il provoque une schizophrénie environnementaliste sur ce qui est bon pour la planète : ne l’a-t-on pas enjoint toute la semaine précédente de réduire ses déchets, en lui répétant que le meilleur déchet était celui qui n’existait pas ?

Le Black Friday nie l’achat réfléchi, en plein conscience, du consommateur. Il lui retire une partie de son libre-arbitre en l’aveuglant à coups de néons « SOLDES SOLDES SOLDES ».

Le Black Friday ou le Loup de l’Homme ?

#makefridaygreenagain

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